jeudi 4 avril 2013

Démangeaisons


Les récentes et toujours actuelles affaires qui touchent le pouvoir "socialiste" (...puisque tel est son nom) illustrent pleinement ce que je redoutais sur la question gauche/droite assortie de son corollaire tous pourris.
Les derniers développements que j'ai suivis – en restant un peu distant quand même - montrent à mon sens que, dans ces situations comme d’autres, cette tentation ou posture égalitaire, équitable, ou encore équilibrée – mais en réalité binaire- dans les récriminations, les « fautes », tourne à vide puisque la "gauche" se défend en invoquant ce que la droite a fait (ou n’a pas fait) dans le même cas et, bien sûr, vous l’auriez parié, la droite en fait autant.
Et qu'on compte les points. 
On a donc en permanence cette magnifique contradiction de façade « des camps retranchés », totalement factices, qui amène inéluctablement au "tous pourris".
Ah ! La suprême invective du tous pourris... Encore faudrait-il définir "tous"... qui sont ces « tous » ? Vraiment tous ? Cela ne tient pas une seconde !
Et là on retrouve l'imposture du FN qui fait partie de la danse -ô combien- et qui sert ainsi les desseins de ceux qui veulent que perdure le système ambiant (je ne donnerai pas de noms) : agitez, faites peur, soufflez et hop un  nouvel écran de fumée.
Pendant ce temps-là ?
L'argent ne dort pas, faites-moi confiance, le dépeçage des ressources et des vies continue. Pendant ce temps-là ? Le libéralisme continue. 
Car le principe de cette pseudo-démocratie de l’information, c'est bien comment faire disparaître, comment "dire" sans dire, et ne relater que les conséquences ou les éclats, les éclaboussures sur le ton de l'indignation outrée et de l'émotion surjouée, sans jamais évoquer les causes, les responsables que l'on ne nommera jamais.
Les relais sont là, en place, fidèles aux postes, pour valider une médiocrité ambiante, tels des passe-plats médiacratiques de masse, officiels, auto-relayés, auto-flattés, qui font de plus mine d'ignorer toutes ces coulisses pas jolies jolies du jeu dont ils font partie, en toute consanguinité. En étant, en plus, interchangeables ! 
Et première idée, faire peur. 
Merde ça pourrait m'arriver, un coup de malchance est toujours possible. Alors on va être sage, on va aussi se contenter du petit peu qu'on a à peu près...
Autre idée associée, ne pas donner à penser et donc, par précaution, le faire vite en plus ! Donc tout ça, ça s'accumule, ça s'entasse, ça se chasse en quelques secondes, c'est de la mousse périphérique, de l'écran total : il ne faut pas que cela prenne sens, c'est plus sûr car on ne va pas scier l'arbre de l'argent et du pouvoir dans lequel on est perché. 
D'autant qu'il n'est pas prévu de place pour tous, si j'ai bien suivi ?
L'idée force est aussi évidemment, pour revenir aux scandales et affaires que, coup par coup, un partout balle au centre, il y en aura pour tout le monde, et finalement au bout du match le résultat sera nul et, comme on dit, plus il y a de buts, plus il y a de spectacle, vous signez pour un 14-14 ? Peuplons le vide.
C’est ainsi qu’on déroule une prétendue "neutralité" ou même "'objectivité" qui se substituerait -entre autre- à l'idée de justice, et ça fait un peu mal non ? On est loin de l'échange de vues, du débat contradictoire argumenté, en réalité on n'y est même pas. (Voir plus haut, penser)
Car faisant passer l'idée que le match est nul, on donne à estimer que tout cela est donc égal -à tous les sens du terme- ce qui correspond bien au système ultralibéral ambiant qui joue la transgression qui le fonde en supposant et entretenant que tout se vaut, que tout est permis, possible en tout individualisme et égoïsme, au delà de toute décence, ou bon sens commun.
Les valeurs morales, le sens collectif, le partage, ce qui lie les humains ?
Aux chiottes !
Pour finir (aujourd'hui), je persiste à me demander ... pourquoi faut-il un nom ou un adjectif pour préciser : si l'on dit "la gauche de la gauche" ou la "vraie gauche" -et ça me fait penser à la "laïcité positive" ou à la  "connerie profonde" - c'est qu'il y a sans doute un problème quelque part ! La graduation sur ce coup-là, je n'y crois pas, c'est donc pour déconfuser un truc confus ? Ah ! J'allais y penser...  
Et puis, en passant, gauche/droite il ne faut jamais perdre de vue que ce sont des concepts relatifs. Faites un demi-tour sur vous-même, vous verrez  ! 
Il faut toujours réaffirmer les valeurs plutôt que brandir une étiquette "flottante" et ... "figée", non ?

8 commentaires:

  1. Ah, fallait bien que l'Appentis s'y colle !!
    Les démangeaisons sont contagieuses, et si l'A.S. s'est contentée d'un petit paragraphe dans son billet 52, c'est parce que parfois, les grandes colères sont muettes.
    Dans son autre vie (d'élue locale), la taulière de l'A.S. échange avec les autres cocus (je veux dire, les élus de terrain, les modestes, les bosseurs, les obscurs), et on se le disait encore ce soir en payant nos deux euros comme les autres citoyens, au guichet d'un cinéma de quartier qui projetait, dans le cadre d'un petit forum sur le "vivre ensemble", "Chacun cherche son chat", bel opus klapitschien des nineties.
    A la sortie de la projection, les spectateurs étaient unanimes : on venait de voir un film joyeux et insouciant, qui ne datait que d'une petite vingtaine d'années, et on se demandait où était passée cette belle humeur. Faites le test : une autre manière de mesurer l'ampleur de la crise (laquelle n'a pas encore touché M. Cahuzac et ses réserves de fraîche).
    Belle bande-son aussi. On a été loin de la Suisse pendant deux heures, ça fait du bien.
    Pour une analyse politique roborative, on peut aussi podcaster - ou réécouter, tout simplement, la chronique de François Morel de vendredi dernier sur F-Inter.
    MH / L'A.S.

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    1. MH, je pense que tu as bien illustré et capté cette affaire de bons sens commun !

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  2. K, ça me gratouille,de deux choses l'une :
    ou je suis dure de la comprenotte, ou tu parles la langue de bois ;-)
    je ne comprends pas à qui tu t'en prends : à l'opinion publique ? aux journaleux? aux politiques? aux trois?

    les valeurs c'est relatif comme la latéralisation, quand on change de bord politique, on s'asseoit aussi dessus.
    quant aux médias, dans l'affaire qui les anime en ce moment , il est surtout à noter qu'avant les aveux de C, elles avaient montré peu de zèle à enquêter suite aux révélations de Médiapart, un fondamental de leur boulot

    la gauche de gauche, c'est peut être là qu'il reste des valeurs ?
    justement parce qu'elle n'est pas encore au pouvoir et qu'elle peut s'asseoir sur la real politique, et non sur ses valeurs.

    Bref, notre irréductible village gaulois.;-)



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    1. Mais non t'es pas dure !
      j'ai essayé par ce billet de mêler différents sons de cloches, essayé de dénoncer un système ambiant, qui repose sur la confusion. Du coup j'ai peut-être réussi un billet confus !!!
      La cible c'est la caste qui agite tout ça, chacun dans son rôle.
      Mediapart n'y appartient pas, dans mon esprit, sur ce que j'en sais !
      L'opinion publique, ça existe ?
      Sur les étiquettes, faut qu'on arrête avec gauche/droite vu la stérilité ou pire.
      La gauche de la gauche et les valeurs, pourquoi pas (et même sûrement !), mais cette terminologie bon sang ! Et à la gauche de la gauche de la gauche, y a quoi ? un trou ?

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  3. En faisant un tour sur moi-même, suis passée de l'autre côté de l'écran de fumée: si vous saviez ce qu'on ne vous dit pas...

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  4. Avançons, avançons (ah, vent, sons…)

    Au-delà de l’affaire Cahuzac elle-même, intéressons-nous un instant à son déclencheur.

    Il aura fallu à la « source » de Médiapart – je veux parler de Michel GONELLE - d’abord avoir l’idée de cette action un peu sale : enregistrer une conversation téléphonique, ce que tout un chacun peut, à un moment ou à un autre, rêver de faire sans jamais passer à l’acte. M. GONNELLE, lui, franchit la ligne.

    Sait-on comment il a réalisé – ou fait réaliser – cet enregistrement ? Quoi qu’il en soit, cette intention de nuire sans préjudice des moyens à employer et sa concrétisation constituent déjà une indication sur la personnalité de M. GONELLE.

    Il a fallu ensuite conserver cet enregistrement, le mettre à l’abri, le bichonner ; en somme lui fixer sur le dos un détonateur sans mettre en route l’horloge, se réserver pour « quand ce serait le moment ». Ce n’est plus une vengeance, c’est un nougat glacé au polonium. Deuxième élément du portrait du délateur.

    Enfin, il a fallu « décongeler » le matériel, comme disent les services secrets ; amorcer le truc là, dans la première année du quinquennat Hollande. Aboutissement, tir au but, orgasme du vengeur (peu) masqué, inscription dans une stratégie du principal parti d’opposition ?

    Lorsqu’on prend cinq minutes pour méditer sur cette suite d’initiatives, on est atteint de désespoir. Ce qu’a fait Cahuzac est vil. Il a d’ailleurs sans aucun doute soustrait au fisc bien davantage que les malheureux 600 000 euros dont on nous parle (peanuts !). Il faut probablement parler de plusieurs dizaines de millions. Soit.

    Mais que dire de celui qui l’a piégé ? Outre qu’il nous rappelle les pires heures des années 40, ce délateur n’aurait-il pas dû porter ces faits à la connaissance de la justice dès qu’il les a découverts ? N’y a-t-il pas, en droit, une qualification pour ça ?

    Considérons l’énergie qu’il a fallu déployer pour mettre en œuvre et actionner cette dénonciation. Considérons l’énergie déployée (et gaspillée) par les politiques de droite et de gauche dans cette guéguerre sans fin. Méditons deux minutes là-dessus…

    … Et soyons vite rassérénés par l’immense armée des bonnes volontés qui, très au-delà de ces deux-là, combattent 24/24 pour améliorer le sort de leurs semblables. Peanuts.

    MH / L'A.S.

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    1. Voilà qui illustre bien la corruption forte, alliée à un "je te tiens tu me tiens par la barbichette" appuyée sur des dossiers, des atouts planqués dans les manches. Histoire d'abattre son concurrent. faut-il préciser qu'avec ce système où tous les moyens sont bons, seul le résultat compte, les alliances sont mouvantes et circonstancielles, et du coup tout et son contraire est possible. Alors gauche droite tel que ça nous est vendu laissez-moi rire.
      Ce sont les mêmes qui sont en train - c'est déjà commencé- de nous dire qu'ils ont la solution. Un seul exemple,car ce serait trop long : Harlem et son référendum ! Oui, ceux qui se considèrent au-dessus des lois et qui les font nous disent qu'ils peuvent légiférer et moraliser tout ça. Des saints assurément.
      Par contre je souscris à ta conclusion, ils sont nombreux ceux que tu évoques, et ils méritent d'être cités, et hautement considérés. Eux quelque part sont notre honneur.

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