samedi 16 mars 2013

cri

Avec le Printemps des Poètes, un "petit" Siméon
(outre que cela tombe un peu sous le sens)
ça fait toujours beaucoup de bien.
Partout ! 
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Tout ça c'est des chichis
et des préjugés
ce n'est pas une histoire d'homme et de femme
tout ce qui se dit
partout tous les jours par tous
ce qui se dit en marchant en mangeant
en baisant en travaillant tout aussi
ce qui se dit sans se dire en dormant
en rêvant en regardant tiens la
mouette contre la vague ce
tas de langage tout ça
c'est kif le merde que tu beugles
quand tu te coinces le doigt dans la porte
l'humain il est coincé et
il détaille son cri voilà tout

Jean-Pierre Siméon (La lune des Pauvres)

Et en prime, là, juste dessous, ce qu'il nous dit, c'est...comment dire... essentiel ? 

"Bien-être"
Lisez de tout. Soyez des lecteurs gourmands, vous n’êtes pas obligés de vous imposer des pensums. Si ce que vous lisez vous met mal à l’aise ou vous est hostile, vous n’êtes pas obligé de continuer. Ou alors vous pouvez vous dire : si cette poésie m’agace, c’est qu’elle a quelque chose à voir avec moi peut-être ! Parce que, ce qui a quelque chose à voir avec nous, ce n’est pas forcément dans une sorte d’adhésion immédiate ; il faut peut-être même se méfier des adhésions immédiates. 
Il faut en tous cas être assez mobile. On peut être parfois rebuté par des poètes et justement c’est pour cela qu’ils nous intriguent et nous intéressent... c’est comme les comédies américaines au cinéma... Prendre un poème parmi d’autres, ne pas tout lire, mais un poème comme ça quand ça nous prend ; dans une fréquentation qui doit être gratuite. 
Vous lisez trois vers d’un poète, cela suffit pour nourrir une journée, parfois beaucoup plus. Moi je fais comme ça, je le dis franchement, très directement et j’en suis heureux. Je ne prends pas de gros livres de poésie que j’étudierais un stylo à la main, jamais ! Cela a sa fonction, mais c’est autre chose. 
La vraie lecture de la poésie, elle est dans cette liberté, absolument intransigeante. Vous n’avez de compte à rendre à personne pour la lecture que vous faites. Vous avez le droit d’aimer ou de ne pas aimer. Vous avez le droit d’être agacé, même si c’est un « grand » poète ou qu’on dit tel ! Vous avez le droit de dire : ce qu’il dit là, ça ne me concerne pas. 
Mais essayez de vous donner ce luxe, et c’est un plaisir immense, croyez-moi, de parcourir la poésie universelle, dans l’histoire et dans le contemporain aussi, et dans des langues différentes, en traduction (si vous lisez Pablo Neruda en traduction, il n’est pas nécessaire de lire dix poèmes pour comprendre que c’est beaucoup mieux que beaucoup d’autres choses! Que sa vision du monde, sa force d’évocation passent à travers la traduction. Donc, pas de scrupules avec des traductions). 
J’insiste là-dessus parce que ce qui doit fonder votre geste pédagogique c’est d’abord votre propre perception de la poésie et votre bien-être dans la poésie.

4 commentaires:

  1. on pouvait l'écouter sur les z"ondes d'inter dimanche dernier
    http://www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal-europe-la-contagion-de-l-italie-et-le-souffle-des-poetes

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