samedi 2 mars 2013

Bien

Comme dit dans mon billet précédent, Etienne Davodeau était à la médiathèque hier soir.
On n'allait pas manquer ça !
Prévu pour 100 places et c'était plein !

Nous avons eu le plaisir de l'écouter retracer sur le ton de la conversation son parcours, avec une enfance marquée très tôt par le goût du dessin, dessin qu'il n'a jamais lâché. Ses débuts, l'université à Rennes où il apprend à bosser avec 5 ou 6 potes bédémonomaniaques (sic !) comme lui, et ... en séchant plutôt beaucoup les cours !
Son travail, il en a parlé un peu, il brandit peu ses toutes premières oeuvres chez Dargaud où par contre, "Le Constat" est la première BD où il lâche vraiment les chevaux, faisant fi des cadres et des contraintes, prenant son temps dans la narration. Et justement ce fut un de ses problèmes au départ, l'album  bédé très corseté, un format 46 pages... Etouffant.
L'organisation de son oeuvre en genres ne lui convient pas vraiment et n'est pas délibérée. En fait il fait comme ça vient, avec cette hantise de ne pas se répéter, il l'a précisé en répondant à une question : il ne va pas devenir le spécialiste des mouvements ouvriers !
Chute de vélo et Lulu femme nue sont des fictions dont il a joliment indiqué qu'il les aime car elles pourraient être vraies. Il a repris des observations réelles, proches de chez lui pour en faire des fictions. Dans Chute de vélo, le jeune qui se fait houspiller sur le chantier par exemple a existé à 300 mètres de chez Davodeau !
Il a  aussi parlé de l'adaptation au cinéma. "Lulu femme nue" est un film qui sortira on ne sait quand, mystère de la distribution ! Il a été consulté très régulièrement au niveau scénario, une adaptation, c'est la cinquième mouture qu'il a autorisée. Les quelques questions posées ont véhiculé de l'inquiétude (comme la mienne) quant au résultat de cette adaptation... Pour lui, passer de la bédé au film, c'est casse-gueule, il ne saurait pas faire. Mais l'adaptation doit amener quelque chose, le fait que la fin soit changée ne le gêne pas et il a dit cela en plaisantant, il lui reste un dernier droit de regard sur le titre du film. Les derniers échanges étaient positifs, il semble plutôt satisfait de ce que ça va donner. Si en projection privée avant lancement, le film en version définitive ne lui plaît pas, il pourra demander qu'on en change le titre !
On saura donc à la sortie ce qu'il en a été !
Quelques anecdotes évidemment à retirer aussi, avec Rural (du mal à la faire publier) traité de "bouquin sur les vaches" . La petite histoire sur Un homme est mort dont il était d'abord simplement l'éditeur, et puis cascade d'ennuis, avec le dessinateur qui s'est retiré du projet, et puis Davodeau (se pensant pas fait pour ça) a rendu son tablier d'éditeur, et qui dit à Kris, l'auteur, "tu n'as plus d'éditeur, tu n'as plus de dessinateur, je te le dessine". (Sa première pensée à réception du scénario avait été : celui qui va dessiner ça a de la chance!) .
Il y a également  L'Atelier : les 30 planches improvisées sans s'arrêter comme un jeu !
Et aussi Rupestre au départ qui n'était pas prévu comme un livre, ce fut d'abord une proposition de Prudhomme. Ce bouquin Davodeau le surnomme le "grotte-book". Prudhomme, tiens, avec qui ils ont commis La tour des miracles d'après le seul roman de Brassens. Recommandé !
Enfin, que va-t-il se passer dans l'année ?  Scoop, le prochain se passe au Louvre !

J'avais apporté Les Ignorants et Les Mauvaises Gens, on en a parlé quelques minutes et puis j'ai fait l'emplette sur place d'Un homme est mort, déjà lu et relu, album absolument exceptionnel.
Et donc la dédicace, quelques remerciements pour la grande simplicité : Davodeau est un gars qui raconte des histoires mais qui ne se la raconte pas. Des félicitations nourries pour un homme est mort.


Et puis l'humilité de l'artisan, qui oeuvre dans la proximité, qui sait collaborer, partager, très ouvert et curieux, pas dogmatique pour deux sous.
Cela s'appelle un mec bien !

6 commentaires:

  1. Bien...me reste plus qu'à tenter Un homme est mort :-)
    (le dit de mai, cette belle promesse non tenue?)

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    1. Il y a eu un gros clin d'oeil complice à la signature !!!

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  2. Par lequel commencer? Merci señor K!

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    1. Merci Colo, je pense possible et judicieux de démarrer chronologiquement à partir de ce qui a été publié chez Delcourt.
      On peut en sauter (je l'ai fait) quitte à y revenir après, avec un regard différent.

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