dimanche 10 février 2013

Z

Hier, soirée cinéma, avec le film de Quentin Tarantino "Django unchained". 
Je ne vais pas résumer l'histoire, on trouve aisément les informations sur le film (avec ou sans critiques et analyses d'ailleurs que je n'avais pas lues par avance, selon la "méthode" en vigueur chez nous depuis quelque temps, et que je n'ai toujours pas lues depuis !). 
La seule info c'était Tarantino, western, l'affiche...
Je suis ressorti de la salle sur des sentiments partagés, en étant sans doute plus dubitatif que my wife.
Il y a de bons moments certes, c'est vraiment conçu spectacle, je dirais même spectacle spectaculaire : il n'y a aucun problème. Des traits d'humour aussi avec les cagoules pré KKK c'est pas mal, quelques répliques bien senties, l'aisance verbale de Schultz à diverses reprises.  
J'ai apprécié dans l'ensemble le trio d'acteurs qui mène la barque sur des registres différents, avec Jamie Foxx en taiseux pas dupe qui toise pour coller aux rôles que Schultz lui demande de jouer sans oublier une seconde la froide vengeance qui l'anime, avec Christoph Waltz (Schultz donc) en chasseur de primes manipulateur cynique rapidement très irritant (c'est fait pour !) et enfin Di Caprio dans l'abjection parfois hystérique. 
Ensuite viennent les réserves, le film est long et patine à certains moments même si au bout du compte on parvient sans mal au bout des 2h40, durée que je ne connaissais pas à l'avance. Peut-on dire qu'il réserve des surprises ? Pas exactement, à aucun moment je n'ai douté de sa conclusion "heureuse". 
Et puis la Tarantino's touch. Je lui ai trouvé une main très lourde, un côté bavard qui ankylose souvent l'action, des références Z qui conduisent à la surenchère (au vide) et puis il y a la violence. 
Alors bien sûr, la précaution habituelle est de rigueur, on nous dit que c'est fait exprès, et en effet il en met partout, mais cette violence, telle qu'elle est véhiculée, flirte à mon avis souvent avec la complaisance et la gratuité, au-delà des références kung-fu et compagnie. N'est-ce pas logique qu'un sujet aussi grave soit troublant et mette mal à l'aise... ? Sans doute. 
En tout cas hier soir cela m'a gêné.

14 commentaires:

  1. Bonjour K, et bien pour ma part, l'ultra violence qui me dérange beaucoup dans les films contemporains, ne m'a pas dérangée car j'ai regardé Django unchained evec du recul. Je l'ai vu au troisième degré. C'est du "grand-guignol". Je ne déteste pas. La violence dans Killer Joe par exemple m'a mise mal à l'aise. Bon dimanche.

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    1. Sur la violence, ce sera toujours complexe et ça nous renvoie à nous-mêmes.
      Je vais mettre beaucoup de guillemets : une violence "montrée" et "dénoncée" sans s'en repaître, outre que c'est difficile à faire ou à doser,là ça passe, il y a du fond.
      Je n'en vois pas (de fond) dans le film d'hier.
      Sur l'aspect grand-guignol, il ne m'a certes pas échappé dans le film, mais -même au 4e degré-, mais jouer avec ça,c'est quand même jouer avec les allumettes. Ce que je cherche à dire, c'est que s'en moquer peut s'entendre selon différents sens... Je ne suis pas pour autant à la place du cinéaste, je ne sais pas ce qu'il a voulu faire, mais peu importe, il y a la manière dont c'est reçu, et là c'est mon approche...

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  2. C'est la patte Tarantino, la violence filmé dans le choc des images ! Moi j'ai adoré, belle hommage au western spaghetti et à Sergio Leonne avec le sang en plus, les morceau de chair et de cerveau...
    Alors oui, cette violence est parfois dérangeante, comme la scène des chiens qui m'a mit vraiment mal à l'aise. D'un autre coté, cette scène n'est elle pas le reflet de la triste réalité d'une époque passé ?
    C'est la force de Tarantino, faire du Grand Guignol comme dit Dasola, et en même temps réussir à vous mettre mal à l'aise...

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    1. La question que je me pose est celle de l'intention de QT en laissant cette scène de chien, il veut nous dire/ nous montrer quoi exactement ? Il pouvait la laisser hors champ, et de plus elle n'est pas spécialement "stylisée"...

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  3. La violence esthétisante me gêne un peu… Il en faut bien sûr mais à quel moment cela tombe-t-il dans la facilité gratuite ? Autant dans Kill Bill je trouve cela cohérent, autant dans Django c'est lourd…

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    1. Equilibre instable et point de rupture difficiles sur ce sujet. Ligne de crête avec vigilance permanente.

      Je vais du coup faire un peu de rattrapage avec Kill Bill (pas vu) et Inglorious.

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  4. A force d'avoir un style, une griffe, une patte... comme on voudra bien appeler ça... on finit par tomber dans des excès et c'est toujours décevant pour les inconditionnels qui attendent beaucoup d'un film

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    1. Merci de ton passage Marie.
      Le risque de l'auto-parodie, il se trouve que Tarantino est bien placé dans ce registre :)Et...en l'occurrence je ne suis pas un inconditionnel, j'ai apprécié Pulp Fiction et Jackie Brown.

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  5. Encore un film encensé par les médias ...qui n'ont pas vu la touch too much voire le copier/coller de son Inglorious Basterds m'a dit un grand fan de QT sorti très déçu .
    même avec le recul, je me sens toujours poisseuse en sortant d'un film de QT ...vive le cinéma sans hémoglobine!

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    1. Je vais chercher s'il existe des réserves dans les média.
      Je vais tenter Inglorious pour compléter mon idée.
      Poisseuse, l'image est forte.

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  6. Salut K,
    J'ai vu également le film, et je n'ai absolument pas tes réserves. Pour moi, la violence est normale est justifiée, et elle est même à mon sens largement en dessous de ce que fut la réalité. Ne pas oublier que même s'il y a des moments drôles, qui servent d'ailleurs surtout à tourner en ridicule les esclavagistes, Django n'est pas une comédie. D'ailleurs, il ne me semble pas que le film ait fait débat sur ce sujet aux US.
    Ton oublie aussi une chose, qui fait partie de la patte Tarantino : la bande son formidable et décalée : franchement, du rap dans un western, fallait oser !

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    1. Sauf que...c'est pas une comédie, d'accord, c'est pas davantage un film politique, c'est "un peu tout" et ça finit par être un peu fourre-tout et même à certains moments un peu rien... Et un film extrêmement rusé, et ça me gêne toujours par rapport à la question de la violence.

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    2. K,
      Et si c'était un OFNI ? un Objet filmique non identifié ! Pas un film politique, pas un film d'action, pas une comédie, pas un film historique, mais un peu tout cela. Un film de Tarantino, quoi ! un genre à lui tout seul.

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  7. Oui,ça pourrait... Il s'avère toutefois que j'ai du mal à capter la "bonne" fréquence...si elle existe !

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