lundi 4 février 2013

Tabou

Film de Miguel Gomes, cinéaste portugais.



Nous avions repéré ce film il y a quelques semaines, nous attendions qu'il soit à l'affiche de notre salle de prédilection. Voici ce que nous en avons retiré...
Le film adopte d'emblée des airs volontiers mystérieux, il est filmé en noir et blanc, structuré en deux parties titrées Paradis perdu et Paradis (la seconde étant située en flashback de la première, dans les années soixante dans une colonie de l'Afrique noire).
La première partie - aujourd'hui- ouvre donc des pistes, et l'on sent bien qu'il y a des choses enfouies dans le passé, mais cela n'éveille pas pour autant une soif inextinguible de savoir. La distance avec les personnages reste infranchissable, on a du mal à éprouver quelques-unes de leurs interrogations ou émotions. Étrange.
Ayant eu du mal à me sentir concerné par ce qui advenait, il s'est passé ce qui devait arriver inévitablement lorsqu'on n'est pas "happé" par l'histoire : j'ai eu le champ libre, j'ai eu du temps pour réfléchir, pour monter des hypothèses (j'ai même avec le travail sur le temps repensé à Borges, voyez comme j'étais bien disposé)...
Il y avait dans ce cas de figure la possibilité que lorsque la seconde partie allait commencer, j'aie déjà compris de quoi il retournait... Et ce fut le cas. Et c'est embêtant.
Vous pensez bien que ça n'a pas infléchi de façon majeure ma posture de spectateur, d'autant que le nœud de l'histoire s'est révélé d'un classicisme confondant et que, malheureusement, l'esthétique et le dispositif du film (noir et blanc, séquences comme un film muet, voix off inexorablement casse-pieds, plans tarabiscotés, mélanges un peu arty) se sont avérés d'une vanité et d'un creux incroyables. J'avais tellement compris le truc que je pouvais les deviner.
Cet aspect chichiteux et toc m'a singulièrement agacé, sa gratuité m'a frappé.
Un film de poseur.
... 
(Retour à la maison, discussion dans la voiture avec my wife, sentiments identiques !).
... 
Le coup de grâce (pressenti lui aussi), ce furent les critiques que je suis allé lire après.
J'ai bien fait de les lire après sinon j'aurais hurlé intérieurement pendant !
En conclusion, définitivement un film libé-télérama-inrocks.

Et c'est le crocodile qui joue le mieux.

6 commentaires:

  1. la première partie s'éternise et n'apporte pas grand chose à l'histoire, oui bon, elle a eu un amant, c'était il y a longtemps et c'était loin ...
    la deuxième partie est certes convenue..
    mais la photo N&B reste belle et non sans une certaine puissance poétique voire surréaliste de certaines scènes celle des musiciens au bord de la piscine vide chantant Baby I Love You des Ronettes
    et puis j'ai craqué sur Carloto Cotta ,

    mais vous avez raison, les journalistes LTI en ont rajouté .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Craqué, pas vraiment ! Et même si l'actrice jouant Aurora est plutôt agréable à regarder, ça fait pas un film ;-)
      ...
      Rajouté, c'est très gentil.

      Supprimer
  2. Certainement que les chroniqueurs du "Masque et la Plume" l'ont aussi aimé ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne sais pas, j'écoute jamais, et puis, comme le laisse entendre ce billet, nous essayons -sur la base d'informations minimales- d'aller voir des films sans être pollué ou parasité. Pas toujours facile. Pour celui-ci j'avais récupéré un prospectus au cinéma... Comme quoi... Mais c'est le jeu !

      Supprimer
  3. K,
    j'avais pas trop l'intention d'aller le voir avant. Maintenant j'en suis sur : je vais suivre ton conseil !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. T'as raison ! Mets tes euros dans un bon polar ;-)

      Supprimer