vendredi 15 février 2013

Buissonnier

C'était hier, jeudi.
Au sortir d'une journée professionnellement dense, j'avais en perspective une soirée complètement autre, j'avais au dernier moment (l'inspiration ? l'envie ? l'improvisation ?) réservé une place pour une lecture-concert suivie d'un concert.
L'horaire inhabituel 19h30 et la circulation difficile m'ont rapidement fait comprendre, dans la mesure où j'étais déjà à Nantes, que rentrer pour repartir était absolument inutile si ce n'est inepte.
Posant ma voiture près de la salle de spectacle, je disposais en définitive d'une heure trente, un peu en suspension, et cette perspective ne fit que renforcer le choix "logistique" que j'avais fait. Je partis marcher un peu en ville, et entrai dans une librairie où, flânant, je me procurai deux petits ouvrages parus chez Allia.
Je ressortis et me repliai au troquet du coin pour entamer ma lecture.

  
J'en lus ainsi une bonne moitié, passionnante, avant de le refermer et de regagner la salle.
Je me sentais très bien disposé pour la soirée, j'avais bien profité de cette pause, cet espace que je m'étais aménagé.

De la soirée à venir, je ne savais qu'une chose, la présence de Bruno Chevillon un musicien - contrebassiste-que j'apprécie particulièrement.  C'est lui qui faisait le lien entre les deux parties :


Lecture d'abord, Lucien Suel et Bruno Chevillon arrivent sur scène, chacun son instrument : le livre pour le poète, la contrebasse pour le musicien et compositeur. 
Suel nous a gratifié de la lecture des derniers chapitres de deux de ses oeuvres :  "Mort d'un jardinier" et "La patience de Mauricette".
Après la visite de Lucien Suel ici-même (voir son commentaire le 17/02) je dois préciser que j'ai commis une erreur à propos de "La patience de Mauricette" qui n'a pas été lue ce soir-là. Je vais donc ... patienter !   

Superbement intriqué. Magnifique expérience. 
On ne sut plus au bout d'un moment qui parlait, qui jouait tellement les phrase de Suel et celles de Chevillon se mélangeaient, se répondaient, s'aspiraient, se spiralaient...
Superbe expérience -réussie- d'un auteur lisant ses propres mots, les soufflant, les mâchant, les propulsant dans l'air comme des balles dont nous, auditeurs conquis, nous sommes saisies. 
Une très belle découverte, des lectures à venir. Des compléments ? ici

Concert ensuite.
Bruno Chevillon revient, et c'est un trio, ça tombe bien c'est leur nom !
THISISATRIO un projet de Franck Vaillant, batterie percussion, le troisième larron étant Pierre de Bethmann, piano et fender rhodes. 
Ce seront deux heures pleines d'une énergie folle, une musique plutôt musclée ne dédaignant pas -ô non- l'improvisation, avec des variations plus lentes et plus posées,jouée avec une complicité et un plaisir du jeu qui se diffusaient dans la salle. Le rappel fut phénoménal démarrant dans un déluge, un jam pleine de chaos se disciplinant (un peu) lentement. 
Une impro extraordinaire !  
Redécouvrant le pianiste dans la versatilité de son jeu (je l'avais un peu délaissé ces dernières années), appréciant le batteur percussionniste que je connaissais peu (vu une fois auparavant), je dois avouer que, dans ce trio soudé qui mérite d'être vu et dont je ne sais pas s'il passera par l'enregistrement,  c'est bel et bien toute l'immensité du jeu de Bruno Chevillon qui m'a encore une fois marqué. 
Vraiment un très très grand.




8 commentaires:

  1. Pour revenir à ton début de soirée: j'ai une tendresse particulière pour cette heure vide qui suit une journée pleine et précède un spectacle auquel on a pensé inévitablement par intermittence dans la journée.

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    1. j'apprécie aussi particulièrement ces temps-là, comme des moments en apparence hors du temps, et tu l'avais évidemment compris ;-)

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  2. 19h / 19h30 c'est mon horaire préféré pour un concert ou un spectacle… Heureusement à Marseille il est encore possible de choisir ce type d'horaire (notamment au Théâtre de la Criée que je fréquente régulèrement).

    C'est l'heure où il fait bon marcher sur le quai, regarder les gens, humer l'air… Avant de se rendre au spectacle…

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    1. hé hé Obni , c'était donc vous mon charmant voisin de droite le 8/01? ;-)

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    2. Hier soir c'était une soirée organisée conjointement à deux structures, le Pannonica et la Maison de la Poésie.
      Sur ce que j'observe c'est quand même un horaire - que j'apprécie aussi ! - qui a tendance à se raréfier...

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  3. Paul(A):
    je vois que tu as trouvé l'adresse post-réels ! Pour le reste
    a)il me semble noter ton implantation terrestre "sudiste"
    b)enfin je laisse à Obni le loisir de répondre comme il l'entend ;-)
    ...
    (puisque cela ne pouvait en aucun cas être moi)

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  4. Bonsoir et merci pour ce compte-rendu enthousiaste. Oui, c'était une belle soirée. Bruno Chevillon et moi nous sommes rencontrés pour la première fois l'après-midi pour la balance. Je lui avais envoyé le texte il y a quelques semaines. Ce que vous avez entendu a été improvisé en live ! On avait juste posé quelques repères, notamment j'avais indiqué les endroits où je pouvais faire une pause. Ensuite, il me suivait et je le suivais, comme ça, on était ensemble. Je me permets une correction. Ce soir-là, j'ai lu les trois derniers chapitres de "Mort d'un jardinier". "La patience de Mauricette", c'est tout autre chose.

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    1. Merci - vraiment- de votre passage, à la fois inattendu et très précieux pour les quelques bribes que vous lâchez sur la rencontre avec le musicien, c'est superbe ! Je n'en suis que plus heureux d'avoir été là !
      Je m'empresse par ailleurs de corriger, à vrai dire je n'étais pas persuadé d'être exact concernant "Mauricette" !

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