dimanche 3 février 2013

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Je viens de terminer la lecture des trois polars mettant en scène l'inspecteur Paco Martinez, créé par Maurice Attia dans "Alger la noire", "Pointe rouge" et "Paris Blues".

Mon attention a été attirée dessus par Polarock, tenu par le camarade Leunamme que je remercie à cette occasion. Il a déjà parlé des deux premiers romans, allez donc le lire, il donne davantage de détails !


L'ensemble est assez volumineux, lu en série poche ça dépasse les mille pages !   
Nous y suivons les aventures de cet inspecteur à Alger d'abord au moment crucial de l'indépendance de l'Algérie - premier volume, puis à Marseille en 1968 et enfin à Paris en 1970. 
La suite chronologique s'étend donc de 1962 à 1970 à peu près, le décès de De Gaulle intervenant en fin de troisième volet. Les histoires sont ancrées dans cette décennie soixante et permettent une plongée au cœur d'événements marquants. 
De ce point de vue, j'ai trouvé le premier roman indiscutablement plus fort, plus évocateur de la complexité des situations politiques et personnelles entremêlées. Sur l'ensemble, avec le recul des trois lectures, cette force se perd ou se dilue progressivement au fil des romans. Il m'a paru pour 1968 et 1970 que certains événements auraient pu être fictifs tout en étant des références explicites à des faits réels (je pense à l'incendie par exemple du tome 3 qui charge un peu la barque)...
Évidemment j'ai tout lu parce que j'avais envie de savoir ce que deviendront Martinez, sa compagne Irène (pour moi, elle est vraiment le personnage magnifique de cette histoire) et  tous les personnages qui gravitent autour d'eux. Et la lecture de leurs aventures se fait volontiers, sans effort. On passe un bon moment avec de tels personnages qui traversent des ruptures historiques et en sortent passablement déchirés, malgré toute la volonté dont ils font preuve.
Simplement, sur la durée, le système narratif qui fonctionne par alternance de voix prend le pas sur la trame strictement politico -policière, et l'on se retrouve parfois avec des passages où la tension, l'intérêt retombent. Ce qui pourrait être une respiration, une transition ménageant le suspense dans le récit, casse hélas le rythme au point que le procédé  se retourne à l'encontre du roman, tout en explicitant certains points que le lecteur aurait pu construire ou interpréter seul. 
Peut-être trop bavard finalement ? Cette trilogie pouvait se tisser de façon plus resserrée... 
A moins qu'il ne faille la lire en mettant quelques semaines entre les trois volets ? 
Cette restriction faite, on ne boudera pas son plaisir, cette saga vaut qu'on lui consacre un moment, le détour est agréable ! 

2 commentaires:

  1. Un grand merci pour le lien.
    A la lecture de ton billet, on pense beaucoup à la trilogie de philip kerr (que tu as lu aussi) dont la qualité diminue avec le temps (et ce d'autant plus qu'il a continué apres l'épisode 3.
    L'idée de parcourir les années 60 est cependant excellente tant cette décennie est foisonnante tant au niveau politique, historique qu'idéologique. Dès le second épisode, j'avais l'impression comme toi que l'enquête policière passait en second au profil de diverses divagations, ce qui était dommageable pour la qualité du récit. Apparemment, cela perdure et s'amplifie dans le troisième.
    Je le lirai cependant, histoire de finir la trilogie, mais cela ne se fera pas tout de suite, tant ma pile de livres en attente est longue.

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    1. Pas de quoi !
      Et même s'il n'est pas sans défaut le dernier roman permet de retrouver des personnages attachants.
      Bonne future lecture !

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