mardi 29 janvier 2013

Doucement

Deux albums restaient encore dans ma besace à propos de Michel Jonasz. Poursuivant ma démarche, il est temps d'en dire quelques mots après plusieurs écoutes attentives.

Je commence par le plus récent qui n'est pas mal à mon goût mais reste inégal.  
Les hommes sont toujours des enfants (2011)

Il y a certes des choses très intéressantes dans cet album, comme "Avant", "Paris by" "Mésange" en particulier. Ou bien "Hé Black" " les souvenirs".
Il y a aussi un souffle d'air frais dans l'instrumentation avec des cordes et de la guitare (plus que dans les autres disques). La chanson Jesse Owens (Berlin Jeux Olympiques Nazis de 1936) est un collage étrange, avec des applaudissements en début et fin, il y a certes une recherche mais - pour moi- ça ne prend pas, c'est un peu lourdingue à vrai dire. Et l'ensemble de l'album décolle peu, on retombe trop dans les schémas beaucoup trop connus. Un peu trop évident finalement, explicite, je ne sais comment le dire mieux. Manque de mystère ?

Je peux passer à celui qui recueille mon adhésion quasiment sans retenue, à un ou deux détails près. Un album qui à mon sens se détache très nettement dans toute la série que je viens d'écouter.
Où vont les rêves (2002)

"Terre" et "Où vont les rêves" sont les deux premiers morceaux qui propulsent l'album sur les hauteurs, musiques et textes ambiances poétiques en avant. Une manière de bien orienter l'auditeur, la première impression, ça compte !
"Vieux style" recycle un peu la nostalgie des années 60 qu'on trouvait dans la chanson "la nouvelle vie" mais ça passe bien. "Le Lafontaine" (une brasserie) est comme une petite photo du quotidien en ce lieu, avec un rêveur velléitaire qui transforme le périphérique en fleuve Amazone, tout cela mené par petites touches suggestives bien senties et tendres. "Le grand-père"  raconte une vie, un amour de soixante années ... et même plus (très beau texte). On arrive à un autre grand moment avec "Doucement" un petit bijou intimiste parfait pour moi (tout est y fluide, à la fois léger et profond, une réussite totale !), juste avant "Mélancolie" qui se tient bien aussi notamment avec un texte rempli d'auto-dérision.
"Modern hôtel" passe bien, c'est du Jonasz classique, le souvenir d'une brève rencontre une nuit à l'hôtel. Texte un peu passe-partout par contre. Souvenirs toujours avec "Le rhythm and blues" qui ramène à la surface le tout début des années 60 avec l'orchestre de jeunes, ses galères, ses filles... Sympa sur un bon rythme. "Je pense à elle tous les jours" est un blues où la voix rechute un peu et on frise la caricature vaine. Heureusement "Juste une bouffée d'air pur" conclut magnifiquement l'album au piano, sur un texte dont l'ambiance évocatrice fait frissonner, c'est superbement chanté, bouleversant. Oui, le silence qui suit ce morceau est d'une qualité exceptionnelle.
Sur l'ensemble, c'est un bel album, du piano, une basse superbe et ronde de bout en bout, des percussions excellentes et incisives, intervenant avec pertinence, c'est en résumé de vrais instruments, ça s'entend et c'est superbe.

Bonus de fin :  en extrait, la chanson qui a donné son titre à ce billet.







6 commentaires:

  1. Juste un album lumineux en ces temps de médiocrité ambiante
    qui me plonge dans une douce et joyeuse mélancolie ...de quoi se réconcilier avec le genre humain.
    Ne pas aimer l'album aurait relevé d'un casus belli entre nous ;-)

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    1. Oh, je l'ai échappé belle, casus belli ! à ce poing ?

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  2. On me l'avais prêté il y a longtemps, et je me rappelle l'avoir beaucoup aimé à l'époque. Pourtant, pour d'obscures raison, je n'en avais pas fait l'acquisition. Erreur funeste que tu viens me donner envie de réparer.

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    1. N'hésite pas à réparer,tu veux des rustines ?

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  3. Grâce à toi, me voici, doucement, mise au courant et pressée d'en découvrir les charmes...online d'abord. Joli travail Mr K, merci!

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    1. Merci Colo, un plaisir avant tout !

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