lundi 17 décembre 2012

Gam(m)es


Une fois n'est pas coutume, je reprends la balle au bond telle qu'elle a été lancée ici et, à mon tour, j'attrape dans ma pile la poignée d'albums qui a accompagné et éclairé de façon régulière et marquante l'année musicale 2012. Une précision, les albums ne sont pas forcément « labellisés » 2012, et il n’y a aucun ordre de préférence. Enfin vous saurez certainement ce que j’écoute le plus -stylistiquement parlant- après lecture et peut-être écoute.

C'est parti ?  

    
                
          
Un trio qui m’a transporté en concert cette année, le disque étant à l’avenant. Le leader Vijay Iyer est un partageux, ça s’entend et ça se voit : ça tourne et il décale un peu la mécanique qui peut être très stéréotypée du trio jazz classique en s’appuyant sur une polyrythmie luxuriante. Pour ne rien gâcher, le batteur Marcus Gilmore est phénoménal.  Extrait : mmmhmm



Vu aussi en spectacle, le bluesman norvégien -personnalité attachante à la technique d’une fluidité étonnante- est une grande découverte pour 2012. Tour à tour héroïque ( la reprise de Ace of Spades de Motorhead peut en témoigner) ou intimiste, là  où des fragilités diablement intéressantes se font jour,  il promène son blues avec énergie et humanité. Blues for one sur l’album Blackwood (2011) instille sa fatigue avec émotion.
En extrait : Some day.



Enregistré en public au Sunside, un album phénoménal avec Sophia Domancich (p), William Parker (cb) et Hamid Drake (b) qui approchent l’osmose musicale.
Deux excellents morceaux d’abord (Washed away et The Seagulls of Kristiansund) d’une dizaine et quinzaine de minutes avant un final étonnant, où tout bascule, les montagnes sont renversées par un époustouflant « Lonely Woman » d’Ornette Coleman de 36 minutes !
Une idée ici.



Marc Ducret, compositeur, est engagé depuis plus de deux ans dans un projet « Tower » initialement prévu en 3 volumes qui sont devenus 4 avec – en plus - la parution du 4 avant le 3 (typique de Ducret et de sa défiance absolue des médias et du système).
Inspiré de deux pages de Nabokov (dans Ada ou l’ardeur), l’ensemble est décliné en différentes formations (quartet/quintet, on y retrouve entre autres Tim Berne et Tom Rainey les fantasques et fantastiques acolytes de la période Big Satan), et Ducret est évidemment le trait d’union avec son jeu de guitare étincelant, inimitable et tranchant. 
Vu en concert, une claque monumentale, malgré la « lourdeur » de la formation (12 sur scène), c’est une musique exigeante. 
Avec "Tower  volume 4", Ducret brasse tout ça en solo acoustique et c’est magique. Quelques références à Joni Mitchell (Electricity) ne pouvaient pas me déplaire. L’excellente surprise de fin d’année avec un album qui n’était somme toute pas prévu. Volume 3 à « suivre » courant 2013 !



Le lien ici se fait par  Richard Thompson dont je suis de près la carrière solo depuis de longues années, grand guitariste également.
Un folk rock électrique, une curiosité. Etranges réminiscences dans les sonorités de Love forever changes… le son d’une époque… ? Belle voix de Sandy Denny qui traverse les âges (quarante ans !).
Extrait ici.



Il y a les batteurs de jazz et il y a Daniel Humair. Qui pourrait, d’autres le font à moins, jouer les légendes vivantes. Non, il préfère jouer tout court. Et il sait s’entourer.
Avec Emile Parisien un surdoué du sax au phrasé caractéristique, Vincent Peirani en train de « réinventer » l’accordéon en allant piocher partout au gré des humeurs, et Jérôme Regard efficace de présence discrète à la contrebasse, Daniel Humair nous offre un très grand disque aux ambiances changeantes où il peut tout se permettre et, si rien n’y est évident car c’est indiscutablement la règle posée par le quartet, il se le permet !
Du coup, tout coule de source…
Extrait en public ici.



 
Après Omry, Pierrick Pedron nous offre un disque de majorettes, de fanfares comme il le dit lui-même. Paru en 2011, vu en concert en 2012, ce projet fleure bon le concept, avec une formation solide (Laurent Coq aux claviers par ex) sans toutefois s’enfermer, car ça respire.  Un album tonique qui déroule avec fluidité, quand le jazz rencontre l’électronique, la pop, les musiques populaires. Plein de vitalité.
Extrait ici.



Avec Mick Karn basse (ex-Japan), Terry Bozzio batterie (Zappa) et David Torn (heu... David Torn !). Un album de 1994. La rencontre est fructueuse, il y a des ambiances à la Sylvian & Fripp (époque First day /  Damage) juste avant le retour du « Roi Fripp » avec Thrak.
En extrait, Open letter to the heart of diaphora  avec option Palms For Lester qui peu à peu “découpe” bien. Un disque intérieurement bouillonnant, terriblement dense et compact.



Louis Sclavis, toujours en chemin, jamais dompté, avance et nous entraîne en explorateur, ici avec les claviers de Benjamin Moussay et les guitares de Gilles Coronado dans des compositions superbement mystérieuses parfois, envoûtantes toujours, rêveuses à jamais. 
Evocatrices et suggestives, y compris par les titres (Quai sud, A Road To Karaganda), elles se déploient par un jeu subtil d’échos entre les trois compères, la clarinette faisant irrésistiblement le lien.
Sclavis, une fois de plus, nous montre que l’art de l’artiste est aussi de se renouveler sans se renier.




Stills, en solo, quasi unplugged.
Dépouillé, sans les harmonies vocales de qui vous savez , les orchestrations parfois superfétatoires.
Il nous déploie son folk rock teinté de blues dans des compositions prenantes.
Fraîcheur. Un côté brut et précieux.
Extrait : Helplessly hoping

8 commentaires:

  1. Hé, ça fait envie tout ça, j'écouterai dans les deux jours, à tête reposée. J'en ai un, le trio Bozzio/Karn/Torn, que j'adore. Merci d'ores et déjà pour le partage !

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    1. A ton service ! Et ton partage (d'où je suis parti) était excellent !

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  2. Oh,ho, merci! Comme toujours ici je ne connais personne, alors c'est doublement gracias. J'étudierai/écouterai tout ceci avec plaisir et attention.

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    1. Alors bonnes écoutes/découvertes Colo !

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  3. Yes ! J'en connais 2 ! (les deux derniers) je reviendrai plus tard pour écouter les autres !

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    1. 2. Alors plus que 8!
      Bonnes écoutes, donc, également !

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  4. Réponses
    1. Merci d'avoir interféré, Candide.
      Et il y en aura sans aucun doute d'autres, de musiques !

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