jeudi 15 novembre 2012

Tonique

Mercredi 14 novembre, aux alentours de 20h30, juste quelques minutes d’attente dans la fraîcheur qui fleure bel et bien l’hiver … puis les portes s’ouvrent. 
Il y a du monde, on sait donc que la salle sera bien garnie. Tant mieux !
L’affiche sûrement ? Vijay Iyer trio dans le cadre du projet Accelerando, album sorti en 2012 avec des critiques élogieuses. Les aficionados qui suivent l’actualité jazzistique comme les curieux sont là. Je ne connais pas encore l’album, je n’ai rien lu d’autre que la présentation faite dans le programme de la soirée, j’ai envie de découvrir et écouter pour me faire mon idée.
Le trio emmené par Vijay IYER (piano) est formé de Stephan GRUMP à la contrebasse et de Markus Gilmore à la batterie. Sur scène, disposition classique en triangle, à gauche piano, au centre contrebasse, à droite batterie.
Les copains (têtes connues) sont déjà là, on s’installe plutôt sur la droite face à la scène et c’est parti … pour une première tournée de bières, en attendant le premier set.
Peu à peu, on ne doit pas être loin du « complet » car ça continue à rentrer dans la salle. Noir.
Arrivée du trio sur scène, quelques mots… et le premier set commence, il sera tonique.
La musique est à la fois mélodieuse et percussive, les compositions assez longues, prennent leur temps et s’appuient sur des thèmes qui progressent selon les moments millimètre par millimètre, note à note imperceptiblement ou bien à grands coups de breaks et de syncopes, des changements de rythmes qui claquent. A d’autres moments, cela s’étire davantage, l’intensité varie, les digressions abondent, ça tourne, ça part dans les sentiers, les traverses et la circulation s’opère par rotation entre les instruments, le piano devient un simple accompagnateur -sur un rythme tenu martelé   - pendant que la contrebasse s’échappe dans un solo échevelé, alors que la batterie ne perd rien pour attendre.
Le second set sera de la même eau, une belle énergie, des moments calmes presque suspendus,  des rythmiques hypnotiques dans une belle luxuriance sonore.
Accelerando, le morceau, joué très tôt, en constituera le sommet, un quart d’heure extraordinaire de versatilité.
Tout le concert j’ai apprécié une belle variété de jeu dans le toucher de Vijay Iyer au piano, sensible et fin. J’ai vu beaucoup de batteurs mais j’ai été impressionné par la fluidité étonnante et véloce de Marcus Gilmore à la batterie, dans un registre étendu où il peut frapper sèchement ou jouer tout en toucher, en sensibilité alors que le troisième larron nous a réservé de superbes sonorités, particulièrement à l’archet.  
C'est un trio dynamique, clairement à l’américaine, très carré et très pro, mais pas stérile, qui sort des chemins trop classiques sans rien renier de l’histoire, restant accessible, faisant quelques pas de côté, sans jamais perdre de vue le plaisir du jeu et le plaisir du spectateur.
Une très bonne soirée. Et sans nul doute un très bon album qui va rejoindre sous peu ma cédéthèque !
Un extrait : 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire