samedi 1 septembre 2012

Passerelles

Nous consacrons depuis quelques années le dernier week-end qui fait le passage d'août à septembre avant le fatidique lundi de la grande Reprise (la grande Rentrée) aux Rendez-Vous de l'Erdre. Festival plutôt original mêlant musiques et navigation. Bien installé dans le calendrier.
Rien d'obligatoire bien sûr, c'est juste un point de rencontre que l'on se donne, une balise dans le temps. 
Mais on y tient : il y a le festival en lui-même avec des rencontres de musiques qu'on n'aurait pas écoutées ou découvertes autrement, il y a aussi les retrouvailles d'après vacances d'été avec les copains, de retour aux affaires, on discute, on se marre et c'est finalement, au fil du temps, ce qui domine.
Il y a un mini-village culturel et j'en profite aussi pour aller saluer mes amis de "l'échoppe" de Nantes Jazz Action - Pannonica : ils font un boulot remarquable, avec une programmation toujours ébouriffante, jouant l'ouverture, le partage et surtout le débouchage d'oreilles, car toutes les formes musicales ont potentiellement leur place. 
Bon, c'est vrai, en réalité avec le festival on fait dans le luxe, dans le caprice, on veut tout le plaisir avec les potes et la musique ! Comme si l'on joignait l'agréable à l'agréable !
Encore faut-il savoir se le ménager.
Depuis deux ou trois ans la fréquentation est très forte, signe que le succès de la manifestation est grand. La saturation guette, si elle n'est déjà installée, qui nous amène à une participation raisonnée, faite d'allées et venues bien tempérées, lorsque nous nous éclipsons entre deux concerts, que nous nous extrayons de la foule pour un peu de calme réparateur qui permet selon l'envie d'évoquer le concert juste terminé.
C'est une limite quelquefois de ne point pouvoir rester sur l'impression intérieure de la musique reçue en raison de cette agitation forte tout autour.
Ces dernières années, les motifs de satisfaction ont été nombreux et quelques concerts marquants sont restés dans nos mémoires.
Sur la scène nautique, la plus "prestigieuse", le trio Sclavis-Romano-Texier nous a fait voyager et même rire à un moment. Lorsque Louis Sclavis, ayant aperçu et entendu dans le public un spectateur intempestif et gesticulant qui s'était mis à interpeler je ne sais qui, en étant probablement très éméché, le remit à sa place : " on est trois mille à prendre du plaisir, et faut qu'il y en ait un qui nous fasse chier !" .
Scène Sully (dont on s'aperçoit que c'est elle que nous fréquentons le plus), le quartet de Jean-Marie Machado fut aussi un moment inoubliable (avec Viret, Sheppard, Mahieux). Il nous proposa un moment intimiste, beauté en suspension, tour de force pour un concert en extérieur. Je respecte et apprécie infiniment Jean-Marie Machado, musicien d'une grande simplicité, communicatif et talentueux. Grâce à lui, il est des débuts de dimanche après-midi dont on se plaît à évoquer la douceur et la plénitude.
Le mega-octet de Andy Emler en 2010, spectaculaire, ludique et tonique, avec un excellent Claude Tchamitchian à la  contrebasse.
Beaux moments aussi l'an dernier avec le quartet de Daniel Humair et avec le projet "Houria" de Stéphane Kerecki, concert intense, transcendé par le sax de Tony Malaby.
Alors, à suivre, avec quelques mots peut-être après ce week-end selon ce que nous aurons pu nous mettre dans les oreilles !

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