samedi 15 septembre 2012

Instantanés

Une fille, notre fille.  Ce samedi matin, à la gare. Départ TGV. Sa grande sœur désormais banlieusarde dans la capitale l'a invitée ce week-end. J'aime ça, comme elles sont entre elles.
Je lui ai servi de chauffeur dans le calme ralenti de notre grande agglomération, maintenant baignée d'un soleil engageant qui a bouté hors de vue l'incroyable brume qui nous enveloppait tôt ce matin. Étonnement, comme si déjà une nouvelle journée commençait.
Nous sommes dans les quelques minutes qui précèdent son départ. Ce laps de temps improbable où les vitres nous séparent, l'un debout sur le quai, l'autre assise à sa place, les deux qui se devinent à travers les reflets.
En un moment intense, la force du lien me noue et me transperce.

Et j'aime ça aussi.

16 commentaires:

  1. J'ai la parfaite compréhension de ce que tu décris sur les liens qui nous unissent les uns les autres à l'intérieur de nos tribus.
    Quelque chose que j'avais envie de "réussir" !

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  2. Ta fille lira-t-elle cette si belle page?

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  3. En quelques lignes, l'amour d'un père pour ses filles. C'est beau et tout est dit !

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    1. Merci Leunamme et bien content de te revoir interférer !

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  4. Magnifique et si délicate synthèse de cet amour séparé par une vitre floue, qui s'étire sans fin à la marche du train.

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    1. Merci Colo, je suis confus : je t'avais oubliée dans ma vague de réponses ! C'est corrigé ! Ouf.

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  5. C'est étrange comme une séparation même de courte durée prend de l'importance sur le quai d'une gare !

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    1. Marie,l'imaginaire des quais de vitres est rempli de gares !

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    1. Merci également Obni, il y a des textes comme ça qui déroulent quasiment tout seuls... :)

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  7. Et ta grande fille, la francilienne d'adoption, la banlieusarde, prépare le prochain épisode : à la gare, aussi, mais pour l'arrivée. :*

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  8. Magnifique texte... Ce qui est génial, c'est que tu l'arrêtes juste avant le départ, et que tu ne nous serves pas la traditionnelle vue et revue description du train qui disparait à l'horizon et du regard qui le suit sans trop savoir pourquoi. Bref, j'aime!

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    1. Merci pour cette première interférence pleine d'enthousiasme, Ratatouille0 !

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