dimanche 1 avril 2012

La liseuse

Paul Fournel vient de publier chez P.O.L. "la Liseuse"  un court roman d'un peu plus de 200 pages que j'ai lu suite aux recommandations toujours intéressantes de Dasola (voir le lien ci-contre).

Membre de l'Oulipo, son site est , Paul Fournel fait partie des auteurs que je lis régulièrement, j'ai auparavant apprécié Les Petites Filles respirent le même air que nous, Les Aventures très douces de Timothée le rêveur ( littérature jeunesse, travaillé en classe avec mes élèves à l'époque !), Un rocker de tropLes Athlètes dans leur tête (qu'André Dussolier avait adapté sur scène), Besoin de vélo, À la ville à la campagne, Méli-Vélo, Courbatures. 
L'oulipiste (et pataphysicien) s'amuse et tend des pièges, il n'hésite pas à publier sous pseudonyme.
 
Pour revenir à "La liseuse" l'histoire se passe dans l'édition, avec les mutations ou révolutions du numérique, leur impact sur les maisons d'éditions, avec la fameuse liseuse que le narrateur reçoit un jour en cadeau. J'aime bien le traitement entre découverte et perplexité, il y a une forme d'acceptation de l'objet, une curiosité, une exploration de ce qu'il apporte et de ses potentialités, et comparaison "en filigrane" avec le livre papier, mais il n'y pas de rejet, de nostalgie un peu réac du genre "c'était mieux avant, tout fout le camp"... Non, c'est plutôt, comment lui trouver une place, lui donner un rôle -en complément- qui soit celui d'un atout dans la manche. Tout ceci est bien sûr est le fond, c'est présent dans une histoire qui nous donne à voir des personnages souvent amusants et pétillants, qu'on rencontre au fil des journées.
Et puis j'adore l'écriture stylisée de Fournel, posée, modeste avec la simplicité de l'artisan.
Sa fluidité, sa limpidité, les quelques trouvailles humoristiques dont il parsème les textes, procurent un très grand plaisir de lecture. Un équilibre parfait invisible.
Il y a dans le roman une contrainte de structure (la sextine, forme poétique du XIIe siècle inventée par un troubadour) dont on peut absolument se passer.
Nul besoin de la connaître pour "lire mieux" le roman. C'est aussi ce que j'apprécie avec l'Oulipo, la contrainte révélée ou non, avant ou après lecture, est plus ou moins visible, certes mais elle reste quelque chose de gratuit, librement imposé-accepté par l'auteur dans sa tâche d'écriture. On prend on laisse... mais ça marche !

3 commentaires:

  1. Si le but de cette critique était de donner envie de lire ce livre c'est réussi !

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  2. Madleine > merci, il ne te reste qu'à lire et revenir plus tard voir si c'est "fiable" :)

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  3. Rebonjour K, d'abord merci pour le lien et nous sommes d'accord pour dire qu'il faut lire ce joli roman plein de finesse. Je le redis, grâce à la Liseuse, j'ai découvert un écrivain. Bonne journée.

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