samedi 4 février 2012

Tartes et crèmes

Apolitique... indépendant... Avez-vous remarqué comme le deuxième terme a tendance à se substituer au premier depuis quelque temps ? 
Avant on disait apolitique, maintenant on dit indépendant. Et je vous rappelle qu'on traduisait aussi "apolitique" par "ah oui de droite !".
Indépendant, donc... Comme si c'était une garantie ? Un gage de crédibilité ? Voire d'honnêteté ou même -allons plus loin- d'objectivité ? Ou bien encore de neutralité ?
Mais de quoi parle-t-on ? Une fois de plus, et là je vais me répéter, on confond tout.
Tout d'abord il me paraît évident que cette position est une réponse aux clans, aux réseaux, aux copinages qui s'opposent dans la lutte pour le pouvoir. Politique particulièrement.
Ensuite elle illustre parfaitement la crise de la représentation que connaît notre système avec nos "professionnels de la politique" supposément interchangeables, ce qui implique qu'il n'y a pas de valeurs ou de convictions. Enfin, par contrecoup, cette réponse suppose et entérine le "tous les mêmes" et donc le "tous pourris".
C'est oublier un peu vite que l'objectivité ou la neutralité sont des leurres.

C'est oublier que tout est marqué, coloré évidemment.
Lorsqu'un responsable parle, il ne le fait pas de nulle part, il n'est pas seul, il s'exprime dans un cadre, depuis un environnement et un entourage qu'il porte, qu'il représente par les discours, les propositions, les idées. C'est oublier enfin que cela peut être vraiment trop facile d'avancer "masqué", de ne pas dire finalement clairement pour quoi ou qui on roule.
Penser que cette étiquette "vertueuse" de l'indépendance (ou de ses déclinaisons) serait le blanc-seing de l'égalité et d'un fonctionnement démocratique, respectueux de tous quelles que soient les options, serait un peu court et rapide.
C'est là-dessus que devrait porter notre attention, notre vigilance, c'est dans la conduite du débat démocratique, dans la méthode et dans les procédures et -surtout- dans la non-confiscation des institutions en sorte que tous les citoyens puissent en bénéficier républicainement et y accéder librement.
La démocratie c'est à mes yeux autre chose quand même : participation, propositions, expression, consultation, débat et synthèse avant action avec cap fixé.
Cela suppose du temps, pour travailler dans la qualité, et de ce point de vue, le temps médiatique est totalitaire.

C'est bel et bien pour ces raisons-là que c'est l'engagement, les lignes politiques qui doivent être annoncés et exigés, pour avoir vraiment les garanties, avoir les débats et avoir les choix éclairés, et ne pas tout diluer ou noyer dans un flot incolore et insipide prétendument unificateur.

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