lundi 13 février 2012

L'esprit de la montagne


Le film Hanezu commence sur un site de fouilles archéologiques. Les vestiges enfouis des anciennes civilisations impériales du Japon y sont exhumés patiemment, en un travail de fourmi dédié au passé et mené pour éclairer le présent.
La durée de cette tâche importe peu : ils y mettront le temps.

Cette entrée en matière met en perspective l'histoire simple que le film va nous raconter.
Va s'y ajouter, lancinant, à intervalles réguliers, un poème tiré du Manyoshu le plus ancien recueil de littérature japonais.

La légende de deux montagnes mâles, amoureux d'une montagne femme, éclaire ainsi en voix off l'histoire de ce triangle amoureux, leur rivalité. 
Il y a donc Kayoko la femme et ses teintures de tissus, son époux Tetsuya qui travaille dans la publicité et enfin Takumi le sculpteur que la jeune femme retrouve en l'absence de son mari.
Nous suivons leur histoire au gré de tâches très simples, quotidiennes, en divers lieux avec en particulier des paysages filmés de manière frémissante.
Surviendra la question de garder ou non un enfant, surviendra le drame. L'éphémère du présent balayé par le choix qui engage  durablement.
L'attente et l'impassibilité se retourneront contre Takumi, ainsi durement confronté aux impasses (?) de sa manière d'être.

Le jeu des acteurs est le plus souvent très intériorisé, sans qu'aucun sentiment ne se lise sur leur visage, en un contrepoint parfaitement symétrique à la violence des sentiments et à la difficulté de la situation.
Le montage travaille par segments alternés pour faire sens, rien n'étant souligné. Le rythme est lent, le ton feutré, la condition humaine dépeinte nous renvoie au fétu de paille, balayé par les éléments.
Dérisoire et forcément de nature à rester humble.  
Film qui peut paraître difficile ou insatisfaisant par son côté contemplatif, par un déroulé finalement très à plat et par son rythme très lent qui peuvent décourager. J'ai pu d'ailleurs lire ici ou là que les avis étaient partagés ou mitigés. Ce n'est pas un film extraordinaire, pas un chef d'oeuvre certes, et je l'ai apprécié et pris comme une bulle, hors de l'agitation, comme une pause et une ouverture sur d'autres lieux, d'autres cultures.

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