lundi 20 février 2012

Journey through the past (5)

Can you tell me where my country lies...
said the unifaun to his true love's eyes.
"It lies with me!" cried the Queen of Maybe
- for her merchandise, he traded in his prize.

"Paper late!" cried a voice in the crowd.
"Old man dies!" The note he left was signed 'Old Father Thames'
- it seems he's drowned;
selling england by the pound.

C'est l'ouverture d'un album de 1973. Le chanteur a capella. Dancing with the Moonlit Night. 
.

Le groupe c'est Genesis, un copain m'a prêté l'album.
Le chanteur ? Peter Gabriel. Je vais aimer ce groupe pour sa musique, un univers inconnu pour moi et puis à l'époque les groupes fonctionnent par albums, et la complexité et la longue durée des compositions m'intéressent  fort. (Est-ce une manière de marquer une différence ? de flatter son ego ? ce que l'on écoute étant un marqueur social ?  Allez savoir ! )... Genesis, ça va être une belle histoire, je vais les suivre jusqu'au bout, même dans la période "décriée" des fans de la première heure, mais pas avec la même "avidité" qu'au tout début.
Je prendrai les albums comme ils viennent, sans oublier de rattraper ceux des 70s, ceux avec Peter Gabriel jusqu'en 1974.
A cette époque, début 80, où je prends le train en marche Phil Collins a pris les commandes et branché la musique sur du pop-rock très efficace, le groupe est devenu une grosse machine ronflante qui vise clairement le succès commercial  mais bon, j'aime bien Collins, un super batteur dont je regrette qu'il n'ait pas été plus exigeant musicalement...
Aujourd'hui, je ne les écoute plus, et lorsque je me laisse tenter, je parviens très péniblement à finir l'album que j'ai introduit dans la chaîne.
Alors à l'époque il y aura d'autres groupes aussi, un peu Yes (très technique) et  Jethro Tull, plus attaché aux racines folk... mais ce sera surtout Genesis. Et donc l'empreinte forte dans mes choix sera celle du "rock progressif " comme on disait alors. Je vais suivre de près ce que font les musiciens du groupe, les albums solo, les projets annexes, les disques où ils sont invités.
Un  vrai fan peut-on dire, complaisant juste ce qu'il faut (!) et plutôt vigilant, déjà en quête d'ailleurs...

Dans cette période, je retiens aussi Peter Gabriel, avec les albums de 1980 (voir ci-contre) et 1982 à mes yeux les deux meilleurs, qui va me passionner jusqu'en 1986 vraiment.
Et puis beaucoup moins après avec le virage "world music", avec un temps allongé indéfiniment entre les albums, et puis, et puis, je suis entre temps passé à autre chose...  Au fil du temps, tout le monde s'épuise ! Lui comme moi, et je suivrai la sortie des nouveautés de Gabriel mais sans jamais y retrouver l'étincelle des deux albums "fondateurs". 
Sur le rock progressif, pareil, la posture, la joliesse des accords ont fini par me fatiguer, je me suis lassé de cette perfection, des synthétiseurs, de la grandiloquence et j'ai épuisé ce qu'on pouvait y mettre comme y trouver. Et puis toute cette recherche, inventive au début, a bifurqué et a débouché sur une musique "mainstream" aux visées grand public plus marquées au mitan des années 80.
Ce n'est certes pas (ou plus exactement, déjà plus) ce que je cherche !

En 1981, par ailleurs, j'ai découvert un autre Peter, anglais, plus sombre et farouchement indépendant, qui semble ne pas connaître le mot compromis. Peter Hammill c'est lui, est un "poète rocker", lui aussi marqué les 70s. Prolifique, lorsque je le découvre par hasard chez le disquaire favori que je fréquente depuis des années (il est en face du lycée !) Hammill a déjà sorti, avec son groupe (Van der Graaf Generator) et en solo, 19 albums ... en un peu plus de 12 ans !


Le premier album découvert me fait un effet incroyable, la sensation étrange d'avoir trouvé ce que l'on cherchait depuis longtemps. Cela va marquer une différence d'approche, c'est que jusqu'ici je suivais un certain style de musique, là je vais passer à la démarche de l'artiste, explorant en quelque sorte avec lui  les chemins où il se propose de nous emmener. Peu importe les étiquettes.
Cela durera le temps que cela durera mais c'est comme ça : ce n'est pas fini aujourd'hui, plus de 30 ans après ! Cela veut dire qu'avec ces artistes-là, deux albums qui se suivent ne se ressemblent pas, cela veut dire que la prise de risques est là, cela veut dire aussi que lorsque c'est réussi c'est absolument fantastique, et quand ça rate, cela peut s'écraser lourdement.
J'ai d'ailleurs chroniqué sur mon blog précédent toute la discographie officielle de Hammill et Van der Graaf Generator dans la catégorie A Black Box. Une manière de rendre ce qui m'a été donné.
Voilà en quelques mots comment s'est opéré ce changement de vue, même si j'ai continué à faire cohabiter différents styles. Les années 80 m'ont permis aussi de découvrir groupes, chanteurs et chanteuses de façon synchrone ou bien d'aller faire un tour dans la décennie précédente pour y déloger quelques pépites qui constituent désormais des pièces incontournables dans la cédéthèque.
Il y a clairement deux faces, une musique expérimentale, volontiers sombre, musicalement radicale et puis une musique plus pop-rock où l'artisanat et l'inventivité du songwriting sont les critères que je retiens.
à suivre... 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire