samedi 21 janvier 2012

Terminologie

Rappelons-nous, une fois encore, que les mots sont détournés systématiquement dans l'espace médiatique.
Rappelez-vous.
Une référence, opuscule que j'ai lu il y a quelques années :

LQR / La propagande du quotidien / Éric Hazan
De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les « 20 heures » des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s’installe : plus elle est parlée, et plus ce qu’elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l’une des armes les plus efficaces du maintien de l’ordre.
Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d’essorer les mots jusqu’à ce qu’ils en perdent leur sens, son exploitation des « valeurs universelles » et de la « lutte antiterroriste ». Désormais, il n’y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d’exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C’est ainsi que la LQR substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.

Et prenons un exemple : le vote utile.  Epouvantail depuis 2002.
Le vote utile serait celui qui, sous prétexte de ne pas éparpiller les voix, de ne pas diviser, permettrait sine qua non, au candidat du Parti Socialiste (pour cette année, M. Hollande, donc) de figurer au second tour de la présidentielle et, vraisemblablement, d'être élu.
Cela sous-entend donc l'absence de débat et de programme, et bien sûr handicape grandement les hypothèses de changement.
Prôner le vote utile, le brandir comme un étendard, est-ce au fond sur le principe, si différent des procédés et allégations sécuritaires qui instrumentalisent les violences et faits divers en se basant sur la peur ?
N'est-ce pas le meilleur moyen d'anesthésier pour que rien en change.
N'est-ce pas le meilleur moyen de nier et mépriser l'expression du peuple ?
Pour que le système en place, solidement ancré sur ses réseaux et ses clans, perdure ?

Parce que ce que l'on ne dit jamais, c'est "vote utile" .... à qui ?

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