dimanche 15 janvier 2012

Journey through the past 3

Suite de ce voyage dans le passé, comme le dit si bien ce cher Neil Young. Je poursuis et termine (si je puis dire) pour Nougaro. 

Et d'autres "épisodes" sont prévus, vers d'autres contrées musicales, en essayant de garder le fil chronologique...

Les albums ici illustrés par leur pochette sont ceux qui m'ont fait avancer dans la découverte nougarienne, en étant à peu près synchrone.
Sans oublier qu'évidemment quand l'intérêt grandit, la possibilité d'aller voir un spectacle devient une préoccupation...tenace.
Ce fut chose faite au théâtre antique d'Arles, été 1980. Eblouissant.


Ce qui était (est) fortement intéressant chez Nougaro, et le rendait difficilement "traçable" dirait-on aujourd'hui, c'est la démarche, cette manière qu'il a eue, peut-être par nécessité car il était ainsi et ne pouvait "fonctionner" autrement, de ne pas rentrer dans les formules, les cases, les formats, d'aller chercher ailleurs, de ne pas se répéter.
En 1973, l'album (et le morceau) Locomotive d'or format 9 minutes en sont peut-être l'emblème.
Difficile à suivre car ne suivant que son chemin, c'est "comme s'il avait passé sa carrière à faire ses débuts", ainsi qu'il le disait lui-même. Démarche aventureuse qui fit que son parcours fut semé -en apparence et en terme d'exposition - de creux et de bosses, donnant un sentiment d'éclipses, au moins dans la visibilité publique, alors qu'il était tout simplement ... ailleurs.

Evidemment lorsque l'on regarde l'ensemble discographique, tout n'est pas homogène et réussi. Mais l'ensemble tient debout, c'est extraordinaire. La prise de risques en vaut la chandelle : quand ça passe, c'est éblouissant, lumineux.
Quand c'est manqué, et ça peut l'être même si c'est question de goût aussi, c'est avec panache.
Mais ça reste toujours impressionnant.
Le site officiel offre une vision par décennies qui remet cela en tête.

Les limites, cela peut-être tout d'abord une profusion d'enregistrements publics (particulièrement dans les années 90) franchement dispensables, car très/trop rapprochés dans le temps et ceci même si les formations musicales qui l'accompagnent sont différentes.
Gardez donc "question live" celui de 1969 "Une soirée avec Claude Nougaro" qui est excellent et reprend la décennie quasiment, prenez aussi "Nougaro sur scène" à l'Olympia de 1985 donnant une idée du Nougaro Trio, finissez avec "Hombre et Lumières" pour le côté tonique et festif  (capté à Toulouse en 1998) et vous avez les pierres de touche indispensables.
Que vous pouvez compléter par le duo "Une voix dix doigts" (piano/voix) avec Maurcie Vander même s'il est un peu longuet au bout du compte et enfin le tout dernier au Théâtre des Champs Elysées en 2001. Un dernier mot sur "Nougaro au New Morning" un album excellent, début des années 80, toujours inédit en cd, où l'on entend un Nougaro revitalisé par son orchestre de jeunes, ambiance funk jazz.

En studio, il n'y pas d'albums sans pépite, quelques creux (album Soeur Ame de 71) et tout au plus l'album de 1983 comme Ami Chemin me semble le plus faible. Pour le "reste" avec le recul, il n'y a pas vraiment, à mon sens, d'album où moins de la moitié des morceaux ne soit réussie. 
Il y a des périodes d'inspiration moindre, et des périodes d'emphase, où il s'est sans doute perdu en route, devenant verbeux et abscons, oubliant peut-être trop l'humilité ou la simplicité du poète.
Peut-être qu'à certains moments, il s'est piégé dans cette pompe, cette éloquence...

Et pour cette conclusion provisoire, car je réécoute régulièrement, évidemment... un petit mot souvenir sur chaque album qui suit, étant précisé qu'il s'agit d'une sélection des albums "fondateurs" pour moi, et que j'aurais pu parler de (tous les) bien d'autres !


Enregistré en public, tonique, ce Nougaro 77 à la pochette double magnifique, privilégie les formats longs et l'on y trouve en plus des inédits "Victor" (d'après Victor Hugo) et "Jésus" qu'il reprendra je pense lors du spectacle Fables de ma Fontaine au début des années 2000.
Je me souviens de cette chanson d'amour racontant un coup de fourdre "Ma femme" avec je cite "...et ma cendre à l'envers reconstitue la flamme"





Année 1980, un album majoritairement réussi avec en ouverture la chanson écologique "Assez" qui était portée par un clip tiré de 'L'Opéra Sauvage" de Frédéric Rossif. Magnifique.
Et des paroles marquantes, imprimées à jamais : "Il serait temps que l'homme s'aime, depuis qu'il sème son malheur" ..."Arrêtez votre humanerie" ..."Que l'homme s'aime c'est peu dire / Mais c'est là mon pauvre labeur / Je le dis à vos poêles à frire/ Moi le petit soldat de beurre" quelle image ! Sans oublier "la petite fille en flammes dans son dimanche de napalm" ...
Et aussi... Des voiliers.

"

Femmes et famines, 1976, un album que j'ai eu du mal à trouver à l'époque, mais qui contenait un poème parlé exceptionnel  "Dans le désert du papier" qui traite de la création artistique, de l'inspiration et de la fonction sociale de l'artiste. Un poème d'Audiberti aussi, mis en musique, Perle brune, superbe.
Et puis, un album d'une grande unité, rien à jeter, en 1978. Il contient "Tu verras" qui n'est pas ma préférée pour autant.
Les perles sont ailleurs "La danse" (la danse est une cage où l'on apprend l'oiseau)"Autour de minuit" sur un thème célébrissime de Monk, et puis "Quand Freddy est parti" à l'accordéon un hommage pantelant d'émotion à un de ses musiciens disparus...

Voilà, merci Monsieur.  


à  suivre

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