mardi 6 décembre 2011

L'étourdissement

Troisième roman d'une série empruntée en médiathèque en novembre, L'ETOURDISSEMENT de Joël Egloff m'a procuré de bons moments, quelques rigolades et, surtout, je suis allé jusqu'au bout de ces 140 pages sans mal, c'est bon signe et surtout révélateur pour moi que le format de 140 pages était le bon, ni trop court ni trop long.

L'ambiance, c'est, pour commencer, qu'on vit dans la merde.
La pollution. Le village du narrateur semble concentrer toutes les tares de notre société post-industrielle.

Où que se pose le regard, c'est poubelles, c'est fils électriques qui pendouillent, ruisseaux ou rivières avec beaucoup de mousse, un brouillard permanent à couper au couteau, des avions volant très (trop) bas avec des pilotes plus que maladroits, bref, pas facile pour aller bosser... à vélo !
Et la station d'épuration n'est pas loin, c'est même une destination de vacances.
Le narrateur vit dans une petite maison avec sa grand-mère, pas facile, et enfin il bosse à l'abattoir.
Quelques morceaux de bravoure d'un humour noir redoutable se glissent ça et là, notamment sur les plans de carrière des mecs qui se retrouvent là, et aussi aux alentours dans les aventures ubuesques et improbables avec son pote.
Une précision, l'étourdissement précède l'abattage des bêtes, on provoque un évanouissement avant la mise à mort.
On se laisse envelopper, comme le brouillard, par le style de Joël Egloff qui tisse lentement mais sûrement sa métaphore de la décomposition, de l'hébétude. Nous partageons cette quête absurde et décousue de l'humanité par des personnages déboussolés, oppressés mais attachants.
Mais il n'y a aucun effet de dramatisation, pas de surenchère : l'écriture est sèche et sobre, je me suis pris à relire certains passages qui l'air de rien se sont révélés de véritables bombes à retardement, une fois réglée la fréquence.
Par son style et son humour décalés, Egloff décape sans donner de leçon.
Cela mérite le détour !

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