lundi 10 octobre 2011

Notes sur sons

La semaine dernière s'est achevée jeudi 6 et vendredi 7 par deux concerts en soirée, une succession pas toujours facile, et je ne parle pas en l'occurrence de fatigue, mais de la transition d'un univers à un autre. 
Il m'est arrivé par le passé, mais dans le cadre d'une même soirée composée de deux ou même trois parties, d'avoir "du mal" à quitter une ambiance, un univers pour me replonger dans un autre, en l'espace de vingt ou trente minutes. Ce type de soirée, qu'on retrouve dans les festivals du type Le Mans par exemple, me donne de plus en plus de mal au fil du temps. C'est le "risque" dira-t-on... J'ai en tête des soirées où les premières parties m'ayant emballé, il a fallu "ramer" pour la suite !
Mais, dans ce cas précis, c'était plutôt plus facile, on était déjà sur deux soirs, avec deux configurations et styles différents sur bien des points.
Un duo le premier soir, guitariste et chanteuse, une grande salle (350 places environ). Le second soir, nous étions en petite salle (70 personnes peut-être) un quintet, uniquement instrumental avec deux saxophones alto, une guitare, une contrebasse électrique et une batterie.
Jeudi soir donc, après une première partie de 45 minutes avec le trio Lower B (sax soprano, contrebasse, batterie) aux longues compositions bien charpentées et que j'ai bien appréciées, ce fut le concert -très attendu visiblement- de la chanteuse coréenne Youn Sun Nah (voix, kalimba, boîte à musique, kazoo) plus qu' accompagnée par Ulf Wakenius, guitariste suédois d'une grande virtuosité qui a su aussi faire passer des touches délicates d'émotion dans son jeu.
J'ai peut-être déjà dit quelque part que j'ai du mal avec le vocal du côté du jazz. Cela n'a pas changé, mais les louanges entendues et lues sur la chanteuse valaient bien le déplacement et puis, pourquoi le cacher, j'étais à peu près sûr que my wife allait apprécier. Alors je l'ai emmenée  !
La voix effectivement est très impressionnante, sidérante de pureté et de flexibilité. La "règle du jeu" souvent est que l'étendue du registre vocal de l'interprète est bien sûr mise en évidence par le choix du répertoire (John Coltrane, Tom Waits, Randy Newman, une reprise de Ferré - Avec le temps- , et même une relecture d'un morceau de Metallica !).
Mais (et vous l'attendiez ce "mais" !) j'ai du mal à me départir du côté extrêmement technique de la chose, je n'ai dans la soirée jamais vraiment été réellement ému, car tout est très calibré, balisé, bien en place, ou même parfait, disons-le. Mais, du coup, un peu figé aussi...

Le vendredi ce fut le quintet de Hasse Poulsen, guitariste danois que je commence à bien connaître, je l'ai vu en diverses occasions sur différents projets (avec Hélène Labbarrière, ou das Kapital entre autres).  J'apprécie particulièrement le disque "Une certaine forme de politesse" en trio avec Guillaurme Roy violons Bruno Chevillon contrebasse, où la musique se veut abstraite, "chambriste" et joueuse à la fois.
La soirée fut bonne, rien d'emballant réellement, mais "confortable"... et pourquoi pas ?
En deux parties de 50 minutes, le groupe nous a joué l'essentiel du dernier album Progressive Patriot. Album basé sur une réflexion politique tirée d'un livre du musicien anglais de gauche Billy Bragg, qui analyse et conteste qu'on ait pu laisser les extrémistes de droite s'emparer du drapeau, de la nation, ce qui avouez-le est d'une belle actualité...
Musicalement, le groupe (Hasse Poulsen guitare, Stéphane Payen et Guillaume Orti, tous deux sax alto, Henrik Simonsen contrebasse électrique, Tom Rainey batterie) alterne à 3, 4 ou 5 dans la même composition ou d'une compostion à l'autre. C'est plutôt énergique, sans surenchère, mais pas systématiquement.
J'ai parfois été dubitatif devant le doublon des sax alto que j'ai trouvé au mieux redondant au pire paralysant et contraignant dans l'expression musicale, et par contre, rien que pour ça, il fallait y être, Tom Rainey est quand même un des tous meilleurs batteurs du monde, et j'ai vraiment pris un plaisir immense à le regarder jouer, éblouissant, concentré, dense...avec une palette complète.
Le concert s'acheva sur un morceau d'une belle douceur et sensibilité concluant deux soirées fort plaisantes au bout du compte.

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