dimanche 16 octobre 2011

Mondial de rugby

L'équipe de France jouera la finale la semaine prochaine, selon un parcours et un scénario plus qu'improbables, marqués par deux défaites dans la première phase et par un jeu très loin d'être enthousiasmant. Une équipe qui a semblé en permanence friable, avec des  pannes, avec un mental en dents de scie.
Les signes avant-coureurs étaient connus:  défaites larges et même "fessées" ces derniers mois contre l'Australie, la Nouvelle-Zélande, défaite historique contre l'Italie lors des 6 nations, un tournoi ayant fait apparaître les grandes faiblesses de cette équipe.
En passant, ce qui m'a toujours surpris, en de nombreuses occasions, et au-delà de la compétition actuelle, c'est de voir à quel point le XV de France peut en comparaison des autres équipes sembler dépourvu de sens tactique. Comme si une incapacité culturelle des joueurs ne leur permettait pas de se conformer à un système de jeu, à en avoir un de rechange éventuellement et à s'adapter selon le cours du match.

C'est vrai que le rugby aujourd'hui a beaucoup changé.
Le jeu, les règles n'en sont pas toujours simples et porteuses de jeu, de mouvement. Le système. La Coupe du Monde existe depuis peu si l'on regarde bien (1987) et l'on sent la montée en puissance de l'empreinte du professionnalisme.
Les enjeux se sont déplacés, à la hauteur des budgets investis pour monter les équipes. Et regardons ce qu'est devenue la démentielle préparation physique des joueurs. Et les cadences ?
Pourquoi ne pas s'inspirer "à notre manière" du jeu pratiqué dans l'hémisphère sud, et ne pas perdre de vue que les joueurs là-bas jouent beaucoup moins de matches par an ?
Et les incohérences, de mon point de vue : comment peut-on accepter qu'un championnat se joue- avec des équipes amoindries - simultanément au Mondial, avec des joueurs -et pas des moindres en principe- étant absents en raison de leur sélection en Coupe du Monde ?

N'oublions pas le nombre de compétitions en augmentation (Coupe d'Europe qui n'existait pas avant, système de poules donc davantage de matches, plutôt qu'élimination directe...).
Alors, voilà, les trous d'air dans les performances des équipes viennent très certainement de là, avec des matches rapprochés (trop) où l'on a des modifications obligées dans les équipes, et donc des systèmes, des styles de jeu complétement effrités. Et on a pas mal d'équipes "frileuses" ou "restrictives".
 Tout cet ensemble, et j'en oublie sûrement, fait que le beau jeu qu'on aimait bien (anciens combattants !) n'est plus dans la lignée culturelle du système ambiant, qu'on voit des matches très fermés,ou apparemment brouillons, que dans un match même certaines équipes peuvent nous proposer le jour et la nuit, et que finalement, on peut ne pas jouer, ou très mal, et gagner, ce qui n'était pas forcément l'image (à tort ou à raison) que j'avais.
D'où la question. 
Tout bien pesé, est-ce que le rugby commencerait à mentir ?


2 commentaires:

  1. Salut K,
    comme tu le sais, j'ai commis un billet allant dans ton sens.
    Sauf que depuis la finale a eu lieu, et que j'ai beaucoup aimé la réponse française sur le terrain. Certes le rugby a changé, pas forcément dans le sens que l'on souhaiterait, mais il lui reste encore certaines valeurs d'effort, de solidarité, de simplicité, qui continuent à faire de ce sport un sport unique. Cette finale a fait du bien à mon amour immodéré du rugby.

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  2. On est sur la même longueur d'ondes !
    Cette finale fut belle, elle a fait un bien fou à ce sport, au jeu, à l'incertitude de la compétition (ce fut indécis, qui l'eut cru ?) et je partage ton expression finale ...immodérée !

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